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Interview croisée Patrick Seror et François-Pierre Hue

Interview croisée : la fin du “tout toxique”, la vision d’Anticimex France

De Lille à Marseille, de Saint-Malo à Strasbourg, les agences Anticimex observent chaque jour, directement sur le terrain, l’évolution des menaces sanitaires qui pèsent sur les particuliers, les entreprises et les collectivités.
Rongeurs, insectes invasifs, chenilles processionnaires, moustiques tigres, risques de contamination dans les zones sensibles, pathologies nouvelles : le paysage sanitaire français continue de changer, et avec lui les attentes de qualité et de responsabilité.

Dans cette interview croisée, François-Pierre Hue et Patrick Seror reviennent sur ce tournant majeur et expliquent pourquoi Anticimex a décidé de repenser en profondeur ses pratiques, ses outils, et surtout son approche environnementale.

Question : Les enjeux sanitaires sont-ils réellement plus importants aujourd’hui ?

Patrick Seror : "Cela fait presque cinquante ans que j’observe les nuisibles et leur impact sur la santé publique. Les phénomènes que nous voyons aujourd’hui n’existaient pas avec cette intensité. Prenez les chenilles processionnaires, par exemple : leur expansion est spectaculaire, et les risques pour les enfants, les animaux et les personnes sensibles sont largement documentés. Nous voyons aussi monter en puissance une menace beaucoup plus récente : les moustiques tigres, désormais implantés sur une grande partie du territoire. Ils posent un problème sanitaire évident, lié notamment au risque de transmission de virus.

Grâce à nos agences réparties dans toute la France, nous disposons d’un réseau d’observation exceptionnel. Cette présence locale nous permet de détecter les tendances très vite, de comprendre ce qui se passe réellement dans les villes, les ports, les zones rurales, les sites industriels, et donc de proposer des solutions adaptées et responsables."

"Le tout‑toxique appartient au passé”

Pourquoi dites-vous qu’on ne peut plus travailler comme avant ?

François-Pierre Hue : "Pendant longtemps, la lutte antiparasitaire reposait sur un réflexe : on traite, on traite fort, et on traite vite. Le “tout toxique” a été une logique dominante dans cette profession. Mais ce modèle n’est plus compatible ni avec les enjeux de santé publique, ni avec notre responsabilité environnementale, ni même avec l’efficacité attendue par les clients.

Les biocides doivent être utilisés de manière beaucoup plus précise, raisonnée, contextualisée. On ne peut pas continuer à multiplier les références, à disperser les dosages, à utiliser des produits dont la toxicité est avérée alors que des technologies nouvelles permettent d’éviter cela. Notre rôle, aujourd’hui, est d’anticiper les risques, pas simplement de les traiter une fois qu’ils ont explosé. C’est tout le sens de la transformation que nous avons engagée avec notre méthodologie SMART."

“Supprimer les produits CMR : on nous a dit que c’était impossible”

La suppression totale des produits CMR est un engagement fort. Comment est-ce né ?

Patrick Seror : "Il y a un peu plus d’un an, nous avons pris une décision que je considère comme fondatrice : faire disparaître l’ensemble des produits CMR de notre arsenal. Les substances CMR — cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques — représentent un danger trop important pour nos collaborateurs et pour l’environnement.

Lorsque j’ai annoncé cette direction, la réaction a été un peu incrédule : “c’est impossible”, “personne ne fait ça”, “le marché ne suivra pas”. Pourtant, nous l’avons fait. Nous avons mené un travail colossal avec nos techniciens, qui ont testé de nouvelles approches, et avec nos fournisseurs partenaires qui ont travaillé en laboratoire pour proposer des substituts plus sûrs. Ça représente plus d'un an de travaux, et une centaine d'échanges avec nos partenaires.

En parallèle, nous avons accéléré le développement de nos systèmes de pièges connectés, qui réduisent drastiquement le recours au chimique. Je peux désormais l’annoncer officiellement : Anticimex n’utilisera plus aucun produit CMR pour ses interventions régulières, et ce dès janvier 2026. C’est un choix fort, unique dans notre secteur, et une concrétisation de notre ADN d’innovation."

“Nous avons réinventé notre arsenal, pas seulement nos produits”

Au-delà des CMR, vous avez revu la totalité de votre catalogue. Pourquoi ?

Patrick Seror : "Nous avons réduit de façon massive le nombre de produits chimiques utilisés, dans toutes les familles : rongeurs, insectes, désinfection, hermétisation, DEIV, traitement du bois. L’objectif était clair : simplifier, fiabiliser et rendre plus cohérente la méthodologie d’intervention.

Nous sommes passés de 81 références de rodonticides à 14, soit une réduction de 83 %. C'est énorme. Même chose pour les insecticides, avec 76 % des références exclues pour des critères techniques et environnementaux. Ce n'est pas le coût qui nous a guidé, mais toujours l'efficacité.

Avec moins de produits, mieux sélectionnés, nos équipes sont plus précises. Et cette précision, c’est la clé : on traite juste, on traite au bon endroit, au bon moment, et surtout pour la bonne raison. C’est exactement ce que demande aujourd’hui l’hygiène publique moderne."

“L’innovation technologique change tout”

Quel rôle joue la technologie dans cette transformation ?

François-Pierre Hue : "La technologie Anticimex Smart nous permet d’être plus responsables, plus fiables et plus transparents. Les pièges connectés, la surveillance en continu, la remontée automatique des alertes, l’analyse des tendances : tout cela nous permet de traiter moins, mais mieux. C’est un progrès monumental par rapport à la logique historique d’intervention ponctuelle ou trimestrielle."

Patrick Seror : "L’innovation, c’est ce qui nous donne la capacité de réduire les biocides sans diminuer la qualité de service. Au contraire, elle l’améliore. On sait d’où vient le problème, quand il apparaît, comment il évolue, et on peut agir avec mesure et pertinence. C’est la lutte raisonnée dans sa forme la plus aboutie."

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