Bioprédation : comment fonctionne cette méthode de lutte biologique ?
La gestion intégrée des nuisibles repose sur la prévention, la surveillance et la sélection de méthodes adaptées à l’espèce ciblée et à l’environnement d’intervention.
La bioprédation constitue l’une des méthodes alternatives pouvant être envisagées à la place ou en complément d’un traitement chimique. Cette approche utilise des organismes vivants sélectionnés pour agir sur une espèce ciblée. Sa pertinence doit être évaluée selon le milieu, les organismes introduits et les éventuels effets sur les espèces non ciblées.
Découvrez les principes de la bioprédation, ses applications et les précautions nécessaires à sa mise en œuvre.
Qu'est-ce que la bioprédation ?
La bioprédation consiste à utiliser des organismes auxiliaires — prédateurs, parasitoïdes ou organismes pathogènes — pour agir naturellement sur certaines espèces de nuisibles à différents stades de leur développement. Lorsqu’elle est adaptée à l’espèce et au site, cette méthode offre une alternative ciblée aux traitements chimiques : elle peut éviter l’application de produits biocides dans la zone concernée et s’intégrer à une stratégie de gestion raisonnée des nuisibles.
Exemples de bioprédateurs :
- Trichogrammes pour cibler les œufs de certaines espèces de mites alimentaires,
- Nématodes entomopathogènes contre certains stades du charançon rouge du palmier, selon le produit et l’usage autorisés
- Furets pour repousser les lapins de garenne de leurs terriers,
- Rapaces dressés pour éloigner certains oiseaux et rongeurs.
Pourquoi privilégier la bioprédation aujourd'hui ?
Depuis 2018, la réglementation européenne encadre la mise à disposition et l’utilisation des produits biocides. Dans une démarche de gestion intégrée, les méthodes non chimiques sont évaluées en priorité lorsqu’elles permettent de répondre à la situation. La bioprédation peut contribuer à réduire le recours à certains produits biocides. Elle ne garantit toutefois pas, à elle seule, la conformité réglementaire ni la maîtrise de toutes les infestations.
La diversification des méthodes de lutte peut contribuer à limiter la dépendance à une même substance active et à mieux gérer les phénomènes de résistance.
Bioprédation et démarche RSE
La bioprédation peut être intégrée à une politique de responsabilité sociétale des entreprises lorsqu’elle contribue à un objectif identifié de réduction du recours aux biocides.
Le Groupe Anticimex présente ses objectifs, ses actions et ses indicateurs environnementaux dans ses publications RSE. Lorsqu’elle est adaptée à la situation, la bioprédation permet de cibler certaines espèces sans appliquer de traitement chimique dans la zone concernée. Ses résultats dépendent de l’espèce, du niveau d’activité et des conditions du site.
Vers quelles méthodes alternatives se tourner ?
La bioprédation fait partie d’un ensemble plus large de méthodes biologiques, physiques, mécaniques ou comportementales de lutte contre les nuisibles. Voici quelques méthodes complémentaires :
Méthodes permettant de réduire le recours aux biocides
Différentes approches préventives, mécaniques ou biologiques peuvent être envisagées pour réduire ou éviter l’utilisation de produits biocides, selon le nuisible et la situation.
Que dit la réglementation sur les biocides ?
La réglementation européenne encadre la mise à disposition, l’autorisation et l’utilisation des produits biocides afin de maîtriser les risques associés à leur usage afin de protéger la santé humaine et animale.
Les produits biocides doivent être utilisés conformément à leur autorisation, à leur étiquette et aux mesures de gestion des risques prévues pour chaque usage.
Dans cette logique, une approche raisonnée consiste à évaluer en priorité les méthodes préventives, mécaniques ou biologiques adaptées à la situation, afin d’éviter ou de limiter le recours aux biocides lorsque cela est possible.
Consultez notre article consacré à la réglementation des produits biocides et aux principales précautions d’utilisation.
La bioprédation enrichit le plan de lutte contre les nuisibles grâce à une action exercée directement sur leur cycle de développement. Elle peut être utilisée seule ou en complément d’autres mesures de prévention, de surveillance et de contrôle.
À partir d’un diagnostic, les experts Anticimex sélectionnent les organismes auxiliaires et définissent un protocole d’introduction et de suivi adapté aux objectifs de votre établissement.
L'impact d'une mauvaise gestion des nuisibles en industrie agroalimentaire
Dans le secteur de l'agroalimentaire, les nuisibles ne sont pas seulement une gêne : ils représentent un véritable risque pour la qualité sanitaire des produits, la sécurité des consommateurs et l'image de marque des entreprises.
Une infestation non maîtrisée peut occasionner des pertes de produits, des non-conformités, des rappels de lots et, selon la situation, des mesures administratives.
La bioprédation et les autres méthodes alternatives peuvent compléter un plan de lutte antiparasitaire en ciblant certaines espèces. Elles ne garantissent pas, à elles seules, la conformité aux exigences réglementaires ou aux référentiels du secteur mais elles peuvent y contribuer intelligemment.
➡️ Consultez notre article détaillé sur l'impact d'une mauvaise gestion des nuisibles en industrie agroalimentaire et découvrez pourquoi adopter une stratégie préventive performante est essentiel pour protéger votre activité.
.jpg?rect=0,240,600,320&w=480&h=256&auto=format)